L’agriculture intégrée, un concept innovant

Depuis une quarantaine d’années, les techniques agricoles ont subi une intensification sans failles se caractérisant essentiellement par une augmentation plus que significative des rendements. En agriculture dite conventionnelle, il est aujourd’hui fréquent d’afficher en Nord-Pas de Calais des rendements supérieurs à 100 quintaux (10 tonnes) par hectare de blé, alors que jusque dans les années 1960-1970, nos grands-parents se contentaient allégrement de 35 à 40 quintaux. Les causes de cette évolution sont multiples (amélioration des outils et machines, intensification des recherches scientifiques débouchant sur l’apparition permanente de nouvelles variétés ou une meilleure connaissance et exploitation de phénomènes naturels…) mais il paraît évident que l’arrivée de la chimie en constitue le principal responsable.

À l’opposé des techniques dites conventionnelles, également régulièrement appelées raisonnées, on trouve les techniques biologiques qui se caractérisent par le non-recours aux produits chimiques et permet d’obtenir des rendements assez aléatoires d’une année sur l’autre mais variant généralement entre 40 et 50 quintaux par hectare de blé dans notre région.

Ces deux pratiques un peu extrêmes présentent des avantages et inconvénients.

Si on les confronte, aucune d’entre elle ne se détache objectivement, et l’agriculture intégrée s’efforce de tirer les profits tout en veillant à ne pas potentialiser les défauts de ces deux techniques.

Pour résumer simplement, en agriculture intégrée, on ne refuse pas le recours à la chimie, mais on essaye de mettre en place des stratégies, d’actionner des leviers agronomiques de manière à en limiter l’utilisation. Les exploitants qui utilisent ces techniques ne peuvent qu’être respectueux de l’environnement et se soucier de sa préservation puisqu’ils le considèrent comme un allié et non comme un outil. Ils privilégient généralement la qualité à la quantité en restant toujours vigilants sur le destin qu’auront leurs récoltes. Observateurs, ils sont en général opposés aux opérations systématiquement reconduites d’une année sur l’autre et, au contraire, plutôt à la recherche de méthodes innovantes.

De fait, la qualité des produits de l’agriculture intégrée avoisine celle des produits biologiques alors que les rendements approchent ceux atteints en agriculture conventionnelle. L’application de ces techniques intégrées reste peu répandue car outre la surveillance accrue des parcelles qu’elles imposent, elles demandent aux exploitants des facultés de remise en cause de leurs connaissances théoriques et de leurs pratiques. De plus, il faut avouer qu’en règle général, les techniques conventionnelles qui assurent un résultat économique à peu près constant d’une année sur l’autre, permettent par ailleurs de tranquilliser les exploitants.

Conduire le colza en culture intégrée

Tout commence dans un bureau afin de choisir la variété que nous implanterons. Elle sera obligatoirement lignée pure, non-hybride et non OGM et devra répondre à des critères de tolérance vis-à-vis de maladies ou autres soucis à venir qui auraient pu être sources de traitements chimiques (Verses et élongations).

Nous utilisons l’association de plantes compagnes à la culture principale avec plusieurs objectifs : améliorer les qualités du sol pour diminuer les apports d’engrais, repousser ou attirer d’éventuels ravageurs de la culture principale et ainsi l’épargner, occuper le terrain pour diminuer le salissement des parcelles.

L’avancée des dates de semis et le mélange en faible proportion d’une variété de colza plus précoce permettra d’éviter les insecticides usuels tant à l’automne qu’au printemps.

 

La culture du blé en intégré

Pour ce qui est de la culture du blé, les leviers mis en œuvre sur l’exploitation permettant de limiter l’usage de produits phyto sont multiples. Tout comme pour le colza, le choix de variétés résistantes aux maladies est primordial. Ensuite, nous pratiquons le semis de mélanges variétaux comprenant 4 entités afin de lisser les qualités et défauts de chacune d’entre elles, en diminuant les densités de semis d’environ 20% pour lutter contre la verse et limiter la prolifération d’éventuelles maladies printanières et en différant les dates de semis pour éviter les traitements d’automne. Les apports d’azote sont raisonnés en fonction de l’état sanitaire des cultures qui objective les besoins et des conditions climatiques du moment de façon à éviter les gaspillages économiquement pénalisants et qui peuvent être à l’origine de pollutions des nappes phréatiques.

 

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